Nous avons coupé le sud de la Patagonie pour nous rapprocher des montagnes et ça fait du bien de voir du relief. En plus, les sommets sont encore enneigés.

Nous passons une journée à visiter El Calafate, et après renseignement, c’est demain le meilleur jour, niveau météo, pour se rendre au glacier Perito Moreno, un site grandiose accessible à pieds par des passerelles en bois. Nous bivouaquons donc proche de l’entrée du « parc national Los Glaciaires » pour arriver tôt et passer la journée à contempler ce magnifique glacier. Le glacier Perito Moreno est le seul glacier considéré comme stable, il avance en moyenne de 2 m par jour, sa renommée et sa particularité est de toucher par moment la terre, ce qui crée un barrage naturel et bloque les eaux du « lago Rio » qui montent de plus de 15 m. Avec la pression de l’eau, le glacier finit par céder en formant une arche (c’est la rupture) et cela se produit environ tous les deux ans.

Nous avons tout de même droit au spectacle journalier puisqu’il est en mouvement en permanence, ça craque, ça résonne, ça se fend et le clou du spectacle c’est de voir des blocs énormes se détacher dans un fracas assourdissant pour former ensuite des iceberg.

Par cette belle journée de printemps, il semble que beaucoup de voyageurs en ont profité pour visiter le glacier car nous rencontrons par hasard la famille « les5envadrouille » que nous avions croisé à l’estancia en Uruguay qui eux c’était donné rendez-vous avec la famille « Palathéo ». C’est drôle car René Delmotte au Brésil, nous avait montré des photos de leur camion (qu’ils avaient laissé chez lui pendant 3 mois pour un retour en France). Et pour finir, nous recroisons Etienne, Laurence et son fils Thomas, rencontrés à Puerto Madryn (cf: Liens – Autres voyageurs). leur site est sympa avec de belles photos et de jolis textes (Etienne est journaliste ). Le monde est petit … enfin l’Amérique du Sud est petite ! (à méditer).

Le lendemain, c’est musée. Nous allons au « Glaciarium » d’El Calafate, ce qui nous donne beaucoup d’explications et d’infos sur les glaciers, leur formation, leurs différentes parties et tout le reste avec maquettes et films… ce fut très intéressant pour les petits mais aussi pour les grands. Le quatrième jour, c’est farniente et petit resto.

Désormais, nous remontons tranquillement en passant par El Chaltén, haut lieu de randonnées, d’escalade et d’activités nature. En arrivant, nous voyons la famille « Palathéo », Pascal, Laétitia et leur fils Théo (pour plus d’infos sur leur voyage de 4 ans et demi en Amérique cf : Liens – Autres voyageurs, leur site est bien fait et donne pas mal d’infos sur l’histoire). Nous bivouaquons avec eux, face au centre d’information des gardes, mais nous ne sommes pas seuls sur ce bivouac car nous faisons aussi la connaissance d’un couple de français, trentenaire qui voyage depuis plusieurs mois en sacs à dos en Amérique du Sud mais là ils ont loué une voiture pour avaler les grandes distance de la Patagonie, et pour limiter le coût, ils dorment dans leur véhicule. Mais surtout, nous rencontrons une allemande qui voyage seule aussi dans sa Dacia Dokker et là on prend une grande leçon de vie et nous nous disons qu’ils nous restent de beaux jours devant nous, et OUI !!!! car cette charmante dame à seulement 77 ans et projette de rentrer en Allemagne que pour fêter ses 80 ans. Respects madame !

A El Chatén, nous commençons par une petite rando, histoire de se remettre en jambes et nous allons à la cascade « chorillos del salto », 7 km aller/retour sans trop de dénivelé. Le chemin est assez sympathique.

Après cette première mise en jambes, le lendemain nous effectuons la randonnée pour aller voir le « lago capri », joli lac de montagne au pied du Fitz Roy, sommet très connu dans le monde de l’escalade. Nous marchons 9 km avec 350m de dénivelé positive.

Le temps est incertain aujourd’hui alors une petite pause s’impose… resto, farniente et visite du village avec ses maisons hautes en couleurs. Nous nous sentons bien ici dans ce cadre montagnard et ça fait du bien aussi de se poser un peu.

Ce matin, c’est départ pour la randonnée du « lago Torre » (lac au pied du cerro Torre et son glacier), en espérant voir des huemuls (petit cerf en voie de d’extinction), mais nous serons bredouilles. C’est une très belle rando de 18 km avec 300 m de dénivelé et les enfants marchent très bien sans se plaindre, au contraire ils sont ravis de cette magnifique randonnée !

Au cinquième jour, après les leçons, nous partons d’El Chatén, pour remonter direction le Chili, mais en quittant la ville, nous apercevons un camping-car bien connu des enfants celui de la famille « les5envadrouille » (avec Natanaël (10 ans), Lisandro (6 ans), Cléofée (3 ans) et leurs parents Nicolas et Julie. Arrêt obligatoire pour se redire « au revoir », repas et une partie de rugby débute. En voyage, ne jamais se donner d’heure…En plus, nous avons le plaisir de revoir notre ami tatou (pichi en espagnol).

Nous reprenons la « Ruta 40 » vers le nord, une route très connue en Argentine puisqu’elle remonte jusqu’ au nord et fait 5340 km au total, mais ce qui est le plus surprenant c’est qu’une partie de cette route ne soit pas asphaltée. Ne nous plaignons pas car il y a 5 ans seulement la moitié de la ruta 40 était goudronnée alors ce n’est pas ces 72 km de ripios qui vont nous arrêter ! En plus, le paysage est très changeant d’une vallée à l’autre et les couleurs sont magnifiques. Nous rencontrons dans un tout petit village « fantôme » à Bajo Caracoles, où nous apercevons 7 magnifiques Bugatti et en s’approchant, il s’agit du club Bugatti France qui réalise un projet de 10.000 km entre Bariloche et Ushuaia, mais le temps est très frais pour rouler en décapotable ! Nous leur souhaitons « bonne route ».

Après deux jours de route avant de passer au Chili, nous faisons une halte, bien méritée, sur le bord du « lago Buenos Aires » à Los Antigos. Il nous reste quelques provisions à manger avant le passage de frontières car le Chili applique un contrôle sanitaire rigoureux (viande, œufs, fruits et légumes mais aussi tout ce qui peut germer sur leur sol (pois, lentilles, pomme de terre et tout le reste … et même le miel) ne doivent pas passer ! Nous quittons l’Argentine pour le moment mais nous devrions y revenir plus au nord. À Suivre