Comme nous l’ont expliqué «les daltons en ballade», le dépaysement de l’AmSud commence maintenant. Et oui, nous rentrons en Bolivie, et non sans mal car le passage de frontière a été très très compliqué. Entre seulement un guichet ouvert côté Bolivien et des petits tracas administratifs, nous avons patienté 6h pour obtenir le précieux document nous autorisant à circuler sur le sol bolivien et c’est là première fois que ça nous arrive !
Bref ces aléas passés, nous sommes ravis de parcourir ce pays pour nous faire notre propre opinion sur les propos des autres voyageurs : saleté, pauvreté et insécurité.

Nous débutons par la ville de Tupiza au sud avec ses canyons et ses quebradas de terres rouges, juste magique. En plus, cette ville est jolie et relativement propre. Les habitants sont très agréables mais la pauvreté nous frappe malheureusement.
Sur notre deuxième bivouac, une cholita (bolivienne traditionnelle) vient à notre rencontre par curiosité, nous discutons et en repartant ce sont de grandes accolades en guise d’au revoir. Surprise très agréable !


Nous prenons la route en direction d’Uyuni, mais le temps se gâte avec forte pluie et orage. Heureusement pour nous, cette route qui est en construction depuis des années vient d’être terminée (seulement une quarantaine de km de mauvaise piste) avec des passage à plus de 4200m. On peut remercier le passage du Dakar pour son étape 2018 « Uyuni – Tupiza ».

La ville d’Uyuni, c’est une autre dimension… pourtant c’est une ville qui est mondialement connue pour son Salar, mais nous arrivons dans une déchetterie à ciel ouvert ! les routes asphaltées s’arrêtent à l’entrée de la ville pour laisser place à des rues boueuses en saison humide (ou poussièreuses en saison sèche). Il n’y a aucun trottoir et surtout les poubelles sont mises au centre des intersections, ainsi les nombreux chiens errants ont tout le plaisir de les déchiqueter à longueur de journée ! Bref, c’est immonde. En plus, le temps n’est pas avec nous ce qui nous met un coup au moral. Le voyage n’est pas toujours magnifique ! Mais c’est malheureusement la réalité.

Le lendemain matin, passage obligé au cimetière des trains qui se trouve tout proche.
C’est particulier cet environnement avec toute cette ferraille et aussi ses poubelles. Le midi, petit resto et nous apprenons par les medias que la ville de Tupiza est ravagée par des coulées de boues, la route toute neuve est coupée, et des morts sont à déplorés.Et que les orages remontent vers le Nord. Oups ! Nous y étions il y a deux jours.

Malgré ce temps maussade, nous partons pour le Salar qui est à une vingtaine de kilomètres, nous prenons en stop un couple de voyageurs (Cyril un français qui voyage en sac à dos depuis 4 mois en Bolivie et Diana une uruguayenne, qui se sont rencontrés sur la route). Nous passerons une partie de la journée ensemble à discuter et à échanger car nous nous retrouvons bloqués jusqu’à 18h par un barrage routier. Les habitants d’Uyuni veulent se faire entendre de leur municipalité qui est très corrompue apparemment. Ils réclament des infrastructures, en particulier la construction d’un terminal de bus, et contestent le fait que le maire est en train de revendre à une société privée le terrain que que le gouvernement a cédé à la ville. Nous patientons et comprenons leur démarche. Leur barrage et leur contestation sont très pacifistes mais ils prévoient de bloquer la ville plusieurs jours pour obtenir des négociations !
Nous savions que cette période des pluies n’était pas propice pour rouler sur le Salar qui est une étendue de plus de 10 000 km²de sel parce qu’il est inondé mais avec la réverbération du soleil ça lui rend un effet miroir magique . Nous allons donc tout de même à l’entrée pour passer au moins une nuit dessus et faire des photos avec des jolis effets d’optiques. Malheureusement nous voyons vite que l’accès n’est pas évident, nous attendons plus d’une heure pour voir le passage des tours opérateurs et Mickaël sonde mais il y a des trous de 70 cm de profondeurs par endroit et tous les 4×4 touchent au moins le bas de caisse.
En plus, des orages sont annoncés (encore plus d’eau demain) et nous souhaitons préserver notre Patrouille car l’eau salée n’est jamais bon (surtout pour les rotules toutes neuves). Des chiliens nous expliquent qu’ils n’ont pas fait de photos car le temps était trop couvert.
Bon, avec tous ces éléments, c’est avec un grand regret que nous ne ferons pas le Salar aujourd’hui. Nous ne souhaitons pas patienter plusieurs jours à Uyuni entre saleté et blocage routier alors nous partons pour essayer de retrouver un temps plus clément. Nous ferons peut-être l’aller-retour pour revenir plus tard. Nous verrons…

Nous nous retrouvons à Potosi, ville minière très importante du temps des conquistadors car ils ont entre autre pilé le « cerro Rico » pour ses filons d’argent et d’or. C’est une ville à 4000m d’altitude très sympa, qui a conservé son empreinte coloniale avec des bâtiments majestueux. Nous visiterons musées et marchés très typiques et colorés, le dépaysement est total. Mais à cette altitude et la circulation importante, la pollution est bien présente. Nous ne souhaitons pas visiter l’immense mine qui est encore en activité de façon très rudimentaire avec 6000 mineurs qui y laissent leur vie encore aujourd’hui. Nous n’adhérons pas à ce genre de voyeurisme de la misère. En plus les agences ne reversent qu’une infime partie à la coopérative de mineurs. Et les dons fortement conseillés de médicaments ou d’alimentation ne correspondent pas aux attentes des mineurs qui eux préfèrent de l’alcool ou de la coca pour oublier leur sort !

Nous nous arrêtons à Tarabuco connu pour son marché du dimanche très apprécié avec ses nombreux tissus et son artisanat.

Puis nous allons à Sucre, la capitale constitutionnelle et historique de la Bolivie car aujourd’hui le gouvernement se situe à La Paz. Nous tombons sous le charme de cette magnifique ville coloniale de 300 000 habitants donc nous y passons une semaine sans s’ennuyer.

Nous visitons les villages de Jalq’A et nous randonnons sur le chemin Inca et ses paysages grandioses. Cette région est très appréciée pour sa formation géologique particulière (le cratère de Maraga) et aussi pour ses tisserands qui réalisent les plus beaux tissus du pays (tissage typique avec des animaux mythiques de couleur rouge et noir).

Nous parcourons cette magnifique ville inscrite au patrimoine de l’Unesco et surnommée « la cité blanche »

En quittant Sucre, nous passons par « le parque Cretàcico », le Jurassic Park bolivien, c’est une paroi de 2km sur 40 m de haut avec de nombreuses empreintes de dinosaures qui ont été découvertes en 1994 dans la carrière d’une cimenterie.

Sur la route, dans un petit village, c’est la journée d’offrandes à la Pachamama (déesse de la terre) avec fête typique alors une pause s’impose. Nous sommes vite mis dans l’ambiance avec dégustation de la « chicha » (boisson obtenue par la fermentation de maïs). Nous ne pouvons refuser cette dégustation (malgré le fait que tout le monde boit dans le même récipient !).

Nous bivouaquons un peu plus loin proche d’un rio et faisons la connaissance de 4 enfants pour le plus grand plaisir des nôtres. Nous y resterons deux nuits et nous profitons de cette jolie rencontre.

Nous passons par Cochabamba, troisième ville du pays. Sa place centrale est magnifique avec ses arcades, ses mercados très animés et elle est aussi réputée pour ses instruments de musique. Il s’y trouve le « Cristo de la Concordia », statue du christ géant de 34,20 m (plus haut que celui de Rio). Nous n’y montons pas car cette ville est bruyante avec circulation difficile et nous ne l’apprécions pas plus que ça.

Maintenant, il est temps de rejoindre une autre famille de voyageurs pour un événement majeur en Bolivie. Plus d’infos, dans le prochain article …