Le barrage routier passé, nous nous dirigeons vers la capitale gouvernementale de la Bolivie, La PAZ, avec ses trois millions d’habitants. Nous sommes toujours avec « les Mamatoch » pour faire un bout de chemin ensemble. Nous ressentons le besoin d’être au calme après 4 jours de carnaval alors nous bivouaquons en pleine campagne le long d’un petit rio (rivière) au milieu des maisons en adobes.

Ce mardi, c’est encore un jour férié en Bolivie afin de faire les offrandes à la « Pachamama » (déesse de la terre et de la fertilité) et c’est la fête dans les villages. En s’arrêtant pour manger, nous sommes invités à trinquer et danser avec une famille !… encore un joli moment de partage.

Nous visitons pendant deux jours le centre de La PAZ qui ma foi est une grande ville surprenante avec leur projet de plusieurs lignes de téléphérique pour créer un métro aérien.

Par moment, les rues sont tellement pentues que Patrouille n’aurait pas pu monter (plus de 45°) car même notre taxi a du mal.

Les constructions sont faites sur un sol non stabilisés et chaque année, avec les précipitations, des flancs de montagnes s’écroulent et les coulées entraînent malheureusement de nombreuses habitations !

Aujourd’hui, nous visitons la partie chic (ambassade et consulat) de la ville puis « la vallée de la Luna »

Les aléas du voyage font que nous devons nous séparer avec « les Mamatoch ». Nous avons passé d’excellents moments en leur compagnie.

Nous nous dirigeons vers Coroico dans la région des « Yungas » afin de faire une excursion très réputée. Nous visitons le centre et la plaza de cette petite ville en attendant Michel et Valentine « les Milav’ en tour » rencontrés au carnaval d’Oruro .

Et oui, Mickaël souhaitait faire « el camino de la muerte » (la route de la mort) en VTT. Auparavant, cette route était le seul accès entre La PAZ et le plateau amazonien de la Bolivie. Elle fut classée, la route la plus dangereuse du monde avec plus de 200 morts par an et des précipices de plus de 800 m de haut ! Depuis 10 ans, après 20 ans de travaux, ils ont ouvert une route plus large et bien asphaltée. Aujourd’hui, la « dead road » est devenue le terrain de jeu de VVTistes pour effectuer 2000m de dénivelé négatif sur 32 km.

Après cette belle expédition, nous souhaitons retourner vers La PAZ pour aller contempler le « Lac Titicaca » mais nous serons bloqués dans le village de Coroico pendant 2 jours ! et pour cause, les coca-éros sont mécontents, car le président Evo Morales souhaite mettre un tarif unique pour l’achat des feuilles de coca et mettre en péril l’économie local. Nous prenons la route le matin sans le savoir, mais les cueilleurs de coca sont très remontés et assez violents, ils ont abattus des arbres sur la chaussée juste avant notre passage puis ont coupé l’accès à un pont. Nous nous retrouvons malheureusement bloqué entre ces deux barrages, et nous assisterons à un lynchage de deux policiers, plus des jets de pierres. L’armée est intervenue avec bombes lacrymogènes et tout leur attirail. Nous en profitons pour évacuer les lieux et remonter au village de Coroico pour nous remettre de nos émotions. Le lendemain, nous nous informons, mais il n’est toujours pas possible de passer sauf par la route de la mort, ce qui ne nous enchante pas trop ! Sauf que le blocage peut encore durer des jours voir des semaines ! Mais le 3ème jour, nous décidons de prendre la route dés l’aube et nous arrivons à passer par la nouvelle route… les barrages sont encore présent mais plus de coca-éros dans les parages. Alors on fonce !

Maintenant direction, San Pablo de Tiquina pour prendre le bac et se rendre à Copacabana avec de splendides vues sur le lac Titicaca.

Nous avons été contacté par une autre famille française, les « par4chemins » (Manu, Jean-Fi et leurs 2 garçons Isaac et Jozeph), pour se rencontrer sur la route, le rendez-vous est donné à Copacabana.

Nous bivouaquons tous ensemble au bord du Lac Titicaca. Le plus haut lac navigable du monde (quand même 3800m et 8800 km²). Nous montons ensemble au « cerro Calvario » qui domine la ville de Copacabana. Un chemin de croix où les croyants amènent et offrent des objets miniatures (tels que voitures, maisons, cabinet dentaire, hôtel…) afin d’en obtenir la propriété réelle l’année suivante. Surprenant !

L’animation répandue à Copacabana est l’insolite bénédiction des véhicules devant la cathédrale, alors nous en profitons pour faire bénir « Patrouille » afin que la fin du voyage se passe pour le mieux. Suerte ! Dans la cathédrale se trouve une vierge noire qui est partie en pèlerinage à Rio de Janeiro et c’est elle qui a donné son nom à la mythique plage de Copacabana…

La Bolivie aura été pour nous un pays fort en émotion entre les rencontres, leur culture et tradition qui offrent un dépaysement total. Malgré tout, ce pays offre un visage marqué par la pauvreté mais aussi par une instabilité politique (avec nombreux blocages routiers, manifestations).

Après plus d’un mois en Bolivie, il est temps de passer au Pérou…