Nous montons tranquillement pour accéder au « cañon del rio Colca » avec un col à 4900m d’altitude à passer. La route est sinueuse mais très jolie. Il n’y a que des lamas et des alpagas dans les parages. Mais en montant, Patrouille, ratatouille et nous lâche. Il est 17 h, la nuit va tomber dans 1h environ… Nous sommes à 4650m d’altitude et à 120 km d’Aréquipa, à 45 km de Chivay, en pleine Pampa Tocra, la nuit risque d’être fraîche ! C’est la première fois que nous nous retrouvons dans cette situation et la citation « C’est quand le moteur s’arrête que l’aventure commence » est d’actualité ! (Proverbe entendu lors du rassemblement des famille autour du monde).

Alors vous souhaitez savoir ce qui s’est passé ?…

Bon c’est vrai qu’il ne faut pas relater que les bons moments car il y en a aussi de moins bon et le voyage ce n’est pas que des vacances, c’est aussi stressant et fatigant…. (mais seuls les voyageurs au long court comprendront !)

Pour résumer notre mésaventure : en ligne droite, nous entendons un bruit sourd venant du moteur, interrogation du regard avec Corinne ! Puis plus de direction assistée et le moteur monte en température. Arrêt rapide sur un petit parking juste bien placé (ouf!).

Après un petit moment la tête dans le moteur, Mickaël constate que la courroie auxiliaire s’est rompue et s’est enroulée dans le ventilateur (cette courroie entraîne la pompe à eau, l’assistance de direction, le ventilateur, l’alternateur et le moteur de la clim (et oui tout ça!).

A cet endroit, bien évidemment pas de réseau téléphonique (ce serait trop facile !). Mickaël arrête une voiture qui part prévenir un poste de péage où se trouve la policia de carrateras (à environ 40 km de là dans le sens d’Aréquipa). Désormais, nous devons patienter… et là, le temps est long, très long !

Dans le CC, il n’y a pas trop de tension mais de l’inquiétude, en espérant que la panne ne soit pas trop grave. Vers 20h30, une patrouille de police arrive, nous propose de faire venir une dépanneuse d’Aréquipa (avec un coût exorbitant) dans un délai de 5h à 6h. Autre solution, ils nous proposent d’aller chercher un garagiste à Chivay pour effectuer les réparations. Et à notre grande surprise la police revient vers 22h avec un vieil homme et son bonnet péruvien sur la tête, c’est « Salomon » le mécano . Il regarde un peu et le diagnostic est posé, la panne vient du roulement du tendeur de courroie qui s’est cassé et la courroie qui patinait dessus s’est rompue aussi. Il démonte le tendeur et profite de changer en même temps un autre galet + la courroie. La police repart avec le garagiste, qui commandera les pièces et reviendra nous dépanner le lendemain.

Pas le choix, nous devons passer la nuit à 4650m avec un froid glacial, mais heureusement nos organismes sont maintenant habitués à cette altitude et nous ne ressentons pas le soroche (mal des montagnes).

Le lendemain, dépannage de fortune… pour les roulement c’est OK mais la courroie livrée n’est pas la bonne. Nous arrivons à rouler en chuintant le moteur de la clim, et ça sera plus pratique pour le mécano d’être à son atelier (oui en AmSud, ça ressemble plus à des ateliers à tout faire qu’à des garages comme chez nous !)

Mais nous devons attendre le lendemain pour la livraison de la bonne courroie, alors, quitte à attendre, le matin, nous réalisons une grosse révision sur Patrouille (vidange, filtre, niveaux, graissage et toute les vérifications possible). L’après midi (en attendant toujours la bonne courroie), nous allons nous détendre aux thermes de la « Calera » à 5 km du garage, ça nous fait un bien fou !… et nous visitons la ville de Chivay.

Fin d’après-midi, nouveau rebondissement car la courroie reçue qui est la même référence que l’ancienne est un poil trop petite et tire trop sur le tendeur qui est au maximum (certainement la cause de l’usure prématurée du roulement). Bon, il faut commander la courroie d’origine mais elle arrivera que le lendemain (oui les pièces viennent par un bus depuis Aréquipa à 160 km). Alors nous remontons la première courroie en chuintant la clim pour que Patrouille puisse rouler (à nous la liberté !). Et nous allons dormir à 35 km au niveau du mirador « Cruz del Condor » dans la vallée de Colca. Nous arrivons de nuit donc pas de vue, mais au réveil, le paysage est magnifique. Ce matin, Mickaël chausse les baskets, pour avoir un ressenti de trail à 3700m d’altitude. En plus, entre 9h et 10h, nous avons la chance de voir des dizaines de condors qui se dégourdissent les ailes le long des parois rocheuses à la recherche des courants d’air chauds. Ils volent au dessus de nos têtes et le spectacle est fabuleux. Nous passons le reste de la journée à admirer les paysages et les villages du canyon.

Le soir, retour au garage pour remonter la bonne courroie et demain direction Cusco et sa sacrée vallée.

En route, nous recontactons une famille de belges avec trois gars rencontrés à Aréquipa pour lors redonner une écharpe oubliée dans Patrouille lors d’un apéro.

Nous devions nous revoir à Cusco, mais avec notre petite péripétie, nous nous retrouvons seulement sur la route pour partager un resto tous ensemble. En tout cas, Merci, Gaby, Arastou, Rome, Everest et Rio pour cette sympathique rencontre.

Au final, la panne immobilisante n’était pas si grave et ce que l’on retiendra surtout c’est que : « Dans le voyage, il n’y a pas de certitude seulement de l’aventure