Nous sommes revenus au Paraguay pour visiter le sud du pays et comprendre les missions jésuites.

Le passage du bac et les papiers sont fait rapidement à cette petite douane où à notre grande surprise il n’y a même pas de route asphaltée pour s’y rendre.

Nous prenons donc la route pour aller à Trinidad afin de visiter la mission jésuite la mieux conservée du pays. Nous avons droit aussi aux illuminations de nuit car nous bivouaquons juste à coté. Pour nous, il n’était pas envisageable de venir en Amérique du Sud, sans comprendre une partie de l’histoire et de la culture de ces différents pays. Les missions Jésuites font justement partie de leur histoire. Pour expliquer brièvement : Après la conquête des conquistador espagnol, au début du XVIIème siècle, des missionnaires Jésuites créent des Reducciones (missions), où les indiens Guarani sont initiés à la culture, aux techniques artisanales, et aux méthodes agricoles venues d’Europe. Lorsqu’ils sont expulsés en 1767 (Madrid s’inquiétant de leur pouvoir grandissant), les Jésuites ont déjà étendu leur influence jusqu’en Bolivie, au Brésil et à l’Argentine actuels.

Le lendemain, nous allons visiter la mission de Jesùs de Tavarangüe dont la construction fut interrompue en 1767 par l’expulsion des Jésuites.

et au retour, nous allons voir une communauté indigène, qui vit encore sous l’empreinte Guarani. La visite fut courte car nous ne nous attendions pas à ce genre de visite. Nous pensions trouver une communauté nous montrant leur savoir faire, leur artisanat, leur mode de vie comme nous l’indiquait le panneau en bord de route. Mais au lieu de ça, nous sommes arrivés dans un village où il n’y avait pratiquement rien. Nous avons malheureusement constater pour seul mode de vie : la misère (à nos yeux). Il y avait un gentil monsieur qui nous a accueilli car c’était le seul à parler espagnol (le reste de la communauté parlant uniquement Guarani). Le Guarani et l’espagnol sont les deux langues officielles du Paraguay. Notre manque de vocabulaire espagnol nous a empêché de pouvoir discuter plus longuement avec lui et d’en connaître d’avantage. Nous avons donc pu savoir qu’il y avait 23 familles qui vivaient ici et qu’il y avait 30 enfants qui allaient à l’école. Et qu’ils cultivaient essentiellement du manioc. Nous sommes repartis avec un sentiment étrange. En fait, la communauté laissait les touristes venir les visiter en échange de subventions que l’État voulait bien leur donner pour par exemple leur construire une nouvelle école comme c’était le cas ici. Nous n’avons malheureusement pas apprécié cette visite car nous nous sommes senti tellement mal à l’aise. Non pas à cause des indigènes Guarani qui nous ont gentiment accueilli mais à cause de nous tout simplement et de notre « voyeurisme » qui nous ressemble tellement pas !

Nous nous rendons ensuite à Encarnacion pour profiter un peu de la plage le long du fleuve.

Ici et dans l’ensemble du pays, tout le monde « sirote » du Téréré, toute la journée, c’est une boisson (mélange d’herbes avec de l’eau froide) et surtout une coutume du Paraguay, sinon pour le reste des pays voisins il s’agit du maté qui est pris avec de l’eau chaude. C’est très étrange, nous avions constaté cette coutume dans les villages mais pas encore en ville. Et c’est encore plus flagrant en ville, car les Paraguayens se promènent dans les rues ou le long du fleuve avec le portable d’une main et la thermos de téréré ainsi que la tasse avec la paille-cuillère de l’autre !

Du coup, notre Lulu a voulu se mettre au téréré et tous les matins il boit sa tasse. Attention mon lulu, tu te « guaranises » ! (clin d’oeil à Charles et Aurélie qui aimaient bien cette expression).

C’est le week-end et nous ne souhaitons pas passer la douane vers l’Argentine (il y a des bouchons sur le pont frontalier…) alors le dimanche nous souhaitons aller bivouaquer proche d’un ancien observatoire à environ 40 min de route, le matin il fait super beau, nous nous baignons dans le Rio Paranã et nous prenons la route mais le temps se noircit. Nous observons les nuages commencés à tournoyer avec le vent qui se lève et la prise au vent avec le camping car nous oblige à nous arrêter proche d’une station service loin des arbres car des branches commencent à tomber. La pluie et ensuite de la grêle, nous allons nous mettre sous un hangar agricole pour limiter la casse. Désormais, nous prenons le temps de manger et de jouer avant de reprendre la route mais direction retour à Encarnacion car il y a trop de nuage pour observer les étoiles le soir venu. Nous aurons connus deux saisons dans la même journée !

Après ces deux entrées au Paraguay, nous ne sommes pas déçus de ce pays, il n’est pas dit quand remontant nous ne fassions pas un crochet par la Bolivie pour visiter le nord du Paraguay et le « Chaco » avec ses communautés mennonites. Mais pour le moment, nous repassons en Argentine pour descendre en Uruguay.